Le parquet d'ordinaire si prompt à réprimer le moindre délit et à demander des peines de plus en plus lourdes en vertu de la politique de "tolérance zéro" en vigueur depuis le début de l'ère Sarkozy relâche parfois sa rigueur et sa détermination.
Téléphonie mobile
Le prix moyen de la minute de communication est en France le plus cher du monde
Quelques exemples
France : 40€ pour 3-4h
Canada : 40€ pour 5h + illimité soir et week-end
Etats-Unis : 42€ pour 15h + illimité soir et week-end
Hong-Kong : 5,30€ pour 15h
Un vieil ami et moi lançons BROKEN TV, une webtv qui sera décalée et novatrice. On vient de démarrer le projet, et pour commencer à faire des tests on diffuse une version alpha par le biais de Mogulus. On n'a pas encore d'habillage, de logo ou de jingle, mais il y a un flux a regarder en direct, pour l'instant une boucle de quelques programmes. Ca va changer et grandir petit à petit. Toutes les vidéos sont par ailleurs disponibles à la demande, dans un premier temps avec l'interface ci-dessous...
Voici l'introduction du documentaire de Samba Félix Ndiaye "Questions à la terre natale", magnifique instant de poésie. Tout est juste dans ce bout de film : le texte, le ton, la musique, le rythme, les images, le son, le montage, le sens, la douceur, la poésie... La suite du documentaire consiste en une suite d'interview. Le propos est intéressant mais n'égale pas la beauté du début, j'aurais aimé un film entier comme ces quatre minutes...
En Argentine, des ouvriers récupèrent leur entreprise rentable mais menacée de fermeture. Ils s'approprient les moyens de production et continuent de faire fonctionner l'usine sans patron, en pratiquant l'autogestion. Ils gardent ainsi leur source de revenu et demandent à l'Etat de réquisitionner les locaux et le matériel pour les donner à la coopérative, évitant ainsi la saisie des machines par l'ancien propriétaire... Arte Reportage.
Me voilà de retour en France. Après trois semaines de réadaptation au fonctionnement d'ici, cette vidéo m'arrive comme un prélude à la reprise du travail qui m'attend, et je la transmets à ceux que ça intéresse, comme mes collègues par exemple. Débat intéressant sur l'avenir de TV5MONDE, FRANCE24 et RFI. A mon sens, chaque représentant incarne bien l'état d'esprit qui prévaut dans chacune de ces maisons (parlementaires y compris).
Je n'ai rien à dire sur l'Afrique, je ne peux pas écrire sur l'Afrique, car je ne connais rien de l'Afrique. Plus le temps se déroule, plus les jours se succèdent, plus je prends l'habitude, plus je vis comme ici, plus je vois la distance, plus je suis étranger. Ce n'est pas saisissable, ce n'est pas explicable.
Ce qui est étonnant c'est que l'on puisse se toucher sans se traverser. Que l'on puisse se voir, se sentir et s'entendre, il est là le miracle ! Que nos corps nous rassemblent, qu'ils nous forcent à nous voir, qu'il nous placent face à face, là voilà l'aventure !
Le rebord d'un pavé abimé, le reflet de la Seine sur le mur d'un café, le bourdonnement tranquille et propret des marchés, les vapeurs grossières de l'alcool raffiné, les allées pompeuses du Bois de Boulogne, l'odeur du travail avant même le lever du jour, le cycle des trains qui entrent et sortent, l'électricité malsaine, les hommes avalés par leurs machines, la saleté goudronnante et le pas solitaire, et surtout la pierre froide, qui à elle seule, peut tout raconter du monde de là-bas ; Paris, tu ne peux rien me cacher, tu ne peux pas me mentir, je ne peux pas te tromper. Mais Paris, je t'en prie, puisqu'à toi je suis lié jusqu'au lit, Paris, sois audacieuse, Paris, ouvre-toi ! Laisse-toi déborder, laisse nous te noyer ; mille bars par quartier, mille rues où passer où parler s'arrêter, mille jeux à trouver entre vieux entre gueux, mille lieux où brailler où aller débraillé. Permet nous de te fabriquer, Paris, laisse-nous nous faire mal, laisse nous gaspiller et le temps et l'argent, laisse nous nous tromper, laisse nous inventer. Tu as tout interdit, tu as tout classifié, tout est réglementé tout est sécurisé. Tu as tout mesuré tu as tout calibré, tout bien organisé tout bien optimisé. Tu es laide, Paris, tu es vieille et liftée, le teint pâle et les yeux boursouflés, trop de rouge sur tes joues, trop de mascarades, plus de jeux dangereux, plus de fête improvisée... même tes rebelles, biberonnés de télé, font pitié.
Ici, en Afrique, l'argent est partout : dans chaque rencontre, dans chaque échange, dans chaque intention. Pas seulement envers moi mais aussi entre les gens d'ici. C'est le manque, crois-t-on, c'est la pauvreté et la nécessité. Tiens donc... Mais Paris, répond-moi, par quel lien a-t-on pu ainsi te soumettre ?
Lorsque je vais aux toilettes en Afrique ça pue. Les mouches volent et les blattes courent autour du trou. Je m'essuie les fesses avec la main, et la merde que l'eau d'une theillère décroche de mes doigts laisse parfois une odeur piquante sur ma main gauche. Si mon hôte est un peu riche, il y a un savon et je me lave les mains.
En Europe quand je rentre dans les toilettes il n'y a généralement aucune odeur. Parfois, un aérosol chimique a été répandu et une mauvaise fragrance de lavande piquante recouvre la puanteur des coliques et des intestins bouchés. Pour ne pas toucher la merde que mon corps a jeté, je jette des mètres de papier dans l'eau ; et lorsque la chasse, devançant tous mes sens, a pulvérisé l'objet du délit, je lave mes mains qui n'ont rien touché. Dans les toilettes de TV5, un parano a même installé un liquide bactéricide pour les mains. Je ressors propre et fier, car je n'ai pas corrompu mon corps dans la saleté, j'ai chié comme si de rien n'était, comme si la merde n'existait pas, comme si le monde était parfait. Mais dans le sillage de mes mains parfumées, entre mes deux jambes dont la moquette moelleuse feutre le pas, enchevêtrés dans les poils qui masquent l'orée du gouffre, s'entortillent des aplats de merde fraîche destinés à sécher in situ et dont personne ne se préoccupe, parce que rien ni personne ne sent ni ne voit l'infamie. De l'hygiène et de l'hypocrisie, qui est le fils, qui est le père ?
Je suis passé tout à côté de ton pays.
J'ai frôlé ses frontières et j'ai croisé les gens qui sont tes voisins. J'ai regardé la route qui file tout droit vers ton village ; celle qui, tangente, vient caresser la porte de ta maison. J'ai touché du pied cette langue tendue jusque sous tes pas. Je me suis tenu là. En regard, en pensée, en conscience ; j'ai deviné ta présence, j'ai salué ta famille, je me suis assis chez toi, un instant. Puis avec lenteur j'ai tourné la tête dans l'autre sens, et j'ai repris la route.
Par la grâce de Dieu je me retrouve sans téléphone portable depuis maintenant dix jours. Volontairement ou non, je n'ai pas cherché à remplacer rapidement mon appareil, je n'en ai toujours pas et il est plausible que je m'en passe jusqu'au Maroc.
Comme si l'on me prenait par la main pour me faire visiter mon monde avant de m'en extraire, je traverse ces jours-ci différents lieux au sein desquels je n'ai rien à faire. Me voilà ainsi attablé à la cafétéria d'un hôpital, en face de l'entrée principale, au croisement de trois couloirs.
J'ai quitté Paris il y a une semaine pour l'Afrique de l'ouest. Il est prévu que je rentre au mois d'avril. J'ai déjà en partie déconnecté des thématiques habituellement évoquées ici, et le contenu de ce blog va temporairement changer de manière radicale.
J'utilise à partir d'aujourd'hui ramassi.net pour rendre compte des expériences de ce voyage sous une forme qui n'est pas clairement déterminée. Il s'agit en tout cas d'un lien et d'un canal avec tous ceux que l'expérience intéresse, qu'ils me connaissent ou non.