Ne vous inquiétez pas, c'est sans danger

Tandis que la France déploiera prochainement sa nouvelle carte d'identité biométrique, le monde expérimente l'implant de puces sous-cutanées, parfois sous la contrainte. France 2, qui avait traité ces sujets en 2004 (lancement du projet de nouvelle carte d'identité), semblait assez mal renseignée. Complément d'information.



La France va intégrer des données biométriques dans la nouvelle carte d'identité, prévue pour cette année. Cela va servir à mieux lutter contre la fraude. Et pour cette raison nous abandonnerons encore une petite parcelle de liberté. La fraude continuera évidemment. Contrairement à ce qui est affirmé dans ce reportage, falsifier les données d'une puce RFID ne sera pas plus compliqué que de falsifier des billets de banque. Le journalistes de France 2 sont même assez mal renseignés puisqu'il est extrêmement facile de copier les informations qui seront contenues dans la puce. Depuis la diffusion de ce sujet, cela a été fait en Grande-Bretagne. Dans l'intervalle, le caractère obligatoire de cette carte d'identité a été supprimé.




Voir aussi :
How safe is RFID tag ?
Biometric passport data snooped, again
De la sécurité des données personnelles...
Le scandale du passeport RFID

Et alors ? Après tout pourquoi pas ? Vous n'avez rien à cacher.
Mais pourquoi mettre des rideaux à vos fenêtres alors, pourquoi éviter les vis à vis ? Vous avez quelque chose à vous reprocher ? Si vos voisins vous regardent, qu'est-ce que ça peut faire, vous ne faites rien de mal...
Et pourquoi cachez-vous tout le temps votre sexe ? Il est illégal ?

Le second reportage est plus pernicieux. Il présente la puce sous-cutanée comme une invention un peu limite, mais ludique et futuriste. Ce que le reportage ne dit pas c'est qu'au Mexique et en Italie, les hôpitaux étudient ou mettent en pratique l'implantation de leurs patients. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les employés de banque et les militaires sont obligés de se laisser implanter une puce verichip, la même qu'à Barcelone. Aux Etats-Unis, le Département de la Santé a décidé d'implanter de force les SDF pour pouvoir les localiser en permanence. Ainsi il existe des cas de marquage d'être humains par une puce contre leur gré, sans que cela soit une sanction pénale. Pourtant, la sécurité des données conservées dans la puce n'est pas du tout garantie... Voici d'ailleurs un mode d'emploi pour en cloner une. C'est l'une des raisons qui pousse le Département de la Santé américain à se détourner de ce genre de pratique. Mais cela n'a pas empêché le développement d'une version européenne de cette puce par une entreprise anglaise concurrente. Il semble que l'on n'en a donc pas fini avec ce genre de réjouissance.
Autre erreur, lorsque France 2 affirme que la puce permet de localiser des individus par satellite, c'est simplement faux, et tant mieux pour nos libertés. La portée d'une puce RFID de ce type est de 6cm. De nouveaux modèles porteront jusqu'à 9 mètres. Une question demeure toutefois en suspens au sujet de la géolocalisation : le Département de la Santé américain déclarait lors du lancement de son programme que les SDF seraient suivis par le biais de récepteurs installés sur les antennes-relais pour téléphones portable. La portée de 6cm est largement insuffisante, celle de 9 mètres aussi (j'ignore, en plus, si cette technologie existait à l'époque). Comment faisaient-ils ?

Et comme les Etats-Unis nous devancent toujours d'un pas sur ce type de sujet, allons voir un peu ce qui se prépare en terme de fichage...


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