
L'autogestion des ouvriers est un modèle qui fonctionne. De nombreuses usines ferment alors qu'elles sont parfaitement rentables, mais les exigences des actionnaires, qui obligent à voir le chiffre d'affaire augmenter de façon infinie, force à tout optimiser, jusqu'à l'extrême, jusqu'à l'absurde, quitte à détruire des emplois là où il serait possible de les conserver à chiffre d'affaire constant... La gestion coopérative n'implique pas de telles exigences, et nombreux sont les cas où le contrôle par les ouvriers de leur outil de production permet de sauver une usine et ses emplois. La loi, malheureusement est globalement contre ce genre de pratique. La
SCOP qui s'approche de l'autogestion, revêt bien une existence légale, mais encore faut-il trouver les fond nécessaires pour racheter l'outil de production. Dans ce genre de configuration, aucune institution ne vient aider les salariés, ni la loi, ni les anciens patrons, rarement l'Etat. On pourrait pourtant imaginer nombre de dispositions : forcer une entreprise qui licencie après avoir reçu des subventions à donner ou vendre à très bas prix (norme à définir) l'outil de production si les ouvriers montent une SCOP ; obliger, comme on le fait pour les reclassements, les employeurs qui présentent un plan social à envisager une solution viable d'autogestion pour sauver les emplois, où à en démontrer l'infaisabilité, démonstration effectuée sous la contradiction des syndicats et/ou d'un groupe indépendant de représentants des salariés ; on peut imaginer la création de caisses mutualistes qui seraient abondées par une portion des cotisations allant à l'assurance-chômage, et qui proposeraient des crédits à taux zéro pour les ouvriers qui sauvent leur entreprise en créant une SCOP... Il y aurait une infinité de dispositions à prendre.
Rien de tout cela, on l'aura compris, dans notre société, l'autogestion fait figure de subversion. Lisez cet article de Daniel Maunoury et Sophie Chapelle, qui raconte l'histoire des ouvriers Philips de Dreux.
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