dimanche 26 octobre 2008

Ils veulent privatiser la guerre

Il est évident que les grandes firmes multinationales ont acquis, ces dernières décennies, une emprise déterminante sur les gouvernements et sur leurs choix. Les financiers et les lobbyistes ont infiltré tous les étages du pouvoir et leur avis est souvent plus déterminant que celui des peuples eux-mêmes. Le cas des OGM étant sans doute le plus frappant.
Mais une volonté populaire forte, déterminée et massive demeure capable de faire sauter les verrous et d'inverser ponctuellement le rapport de forces. Le suffrage universel, à partir du moment où il n'est pas truqué, garantit au peuple un levier lui permettant d'influer sur le cours de l'Histoire.
Cela demeure possible dans le mesure où les Etats disposent du monopole de la force. Leurs décisions s'imposent aux multinationales, quelle que soit la puissance financière de ces dernières. Jusqu'à aujourd'hui les grandes firmes ont défendu leurs intérêts en influençant les gouvernements, mais que se passerait-il si elles se mettaient à disposer elles-mêmes de leurs propres forces armées ? Si des armées privées, offraient leurs services au plus offrant, à échelle mondiale ? Pire, si les Etats se mettaient à sous-traiter la guerre et le maintient de l'ordre ? Si ceux-ci se mettaient à privatiser l'emploi de la violence comme ils ont privatisé les services publics, perdant ainsi progressivement le contrôle sur la sphère militaire ? Voilà un scénario de science-fiction qui permet de tracer des équations sombres et nombreuses.
Et c'est malheureusement le chemin qui est actuellement pris aux Etats-Unis, notamment au cours de la guerre en Irak. Regardez cet extrait d'un documentaire intitulé "Guerre et paix", diffusé sur Arte.

Voir aussi cet article : de jolis jouets pour les grands enfants.




jeudi 23 octobre 2008

« Chaque homme est une race, monsieur le policier »

Poursuivi pour «outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique» Patrick Mohr, metteur en scène, et animateur de la compagnie du théâtre Spirale, devait comparaître le 13 octobre au tribunal correctionnel d'Avignon. Il dénonce, au contraire, les violences et l'agression qu'il a subies de la part des policiers, en plein festival d'Avigon. Son avocat, Me William Bourdon, annonce de son côté une plainte qui « établira la responsabilité des fonctionnaires dans cette bavure ».

Lu sur contreinfo.com
Voir aussi cet article sur Rue89 : l' "outrage" est en pleine forme

La suite

mercredi 22 octobre 2008

Sans casque ni bouclier

Ce témoignage a été tourné à la suite d’une rencontre. Lors d’une de ces conférences sur la politique sécuritaire et ses dérives. Vers la fin, un homme s’est levé. Il a déclaré qu’il venait de quitter la police, que la plupart des dérives que l’on venait d’évoquer n’était pas le fruit du hasard mais bien le résultat d’une politique élaborée au plus au niveau et transmise, ensuite, de manière pyramidale à travers la hiérarchie policière. Il avait réussi à s’en sortir, au prix d’un changement de carrière complet, là où la plupart de ses collègues avait fini par plier l’échine ou par « craquer ». Des mois, des années de lutte, pour ne pas se faire broyer administrativement et humainement par un système d’autant plus puissant qu’il a quasiment éliminé toutes formes de contestation en son sein. Le site : regarde à vue


La tolérance zéro stimule la délinquance d'Etat

A l'heure où la fronde grossit à l'encontre de Rachida Dati et de la politique du tout répressif il convient de rappeler quelques réalités

30% des détenus sont en fait des prévenus, présumés innocents. Effectivement, 60% de ces derniers sont innocentés.

De tels séjours en prison donnent régulièrement droit à des drames, tellement les conditions de détention sont épouvantables (les pires de l'Europe selon l'ONU). Innocents violés, blessés, violentés... suicides en série, notamment chez les mineurs.

On ne s'émeut pas de ces victimes-là, qui ne valent pourtant par moins que celles dont les agresseurs sont en prison, à juste titre, eux. Les indemnisations sont ridiculement basses, mais il faut dire que leur montant est décidé par le coupable lui-même...

Pourtant, la majorité des prévenus pourraient sans risque être placés sous contrôle judiciaire, ou sous bracelet électronique

C'est même ce que prévoit la loi, qui précise que le placement en détention d'un citoyen présumé innocent ne peut être effectué qu'à titre exceptionnel. Cet exceptionnel est pourtant devenu la règle. Jusqu'à l'extrême ces dernières années. Alors même que le taux d'occupation des prisons françaises dépasse en moyenne les 120%, les détentions injustifiées ont augmentées de 77% entre 2004 et 2007.

Ainsi si l'on comptait 491 demandes de réparation en 2004, on en dénombre 645 en 2007. 645 personnes, pour l'immense majorité d'entre-eux, traumatisées à vie et pourtant innocentes.

Où l'on voit que la "tolérance zéro" envers les délinquants accroit considérablement le nombre de cas où l'Etat lui-même agit en délinquant. Est-ce un paradoxe ?


vendredi 3 octobre 2008

Rien à se reprocher

La videosurveillance partout, la carte bleue qui papote, la passe navigo qui vous trace, le téléphone portable qui vous localise et vous écoute ; où est le problème, de toute façon, si l'on a rien à se reprocher ?

Les jeunes grenoblois qui se sont rendus, le 20 septembre, au forum "un nouveau monde" organisé par Libération et la municipalité PS, n'avaient eux non plus, rien à se reprocher. Certes le petit groupe avait réussi depuis quelques années à imposer un débat à l'échelon local sur le danger des nanotechnologies, la videosurveillance généralisée, le "progrès" sans conscience... Est-ce interdit en démocratie ? Toujours est-il que les individus en question étaient tous fichés (comme de plus en plus de français) et que la police leur a interdit l'accès au forum. Le débat s'est déroulé sans problème et l'on n'a pas parlé des sujets qui fâchent...

Source : Le Canard Enchaîné


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