Nous n'avons jamais été soumis à un tel niveau de produits toxiques. Depuis 5 ans les concentrations de pesticides ont augmenté de 20% dans notre alimentation. Que fait la commission européenne ? Elle relève les seuils autorisés. On parlera aussi dans ce billet des additifs alimentaires...
Il est évident que les grandes firmes multinationales ont acquis, ces dernières décennies, une emprise déterminante sur les gouvernements et sur leurs choix. Les financiers et les lobbyistes ont infiltré tous les étages du pouvoir et leur avis est souvent plus déterminant que celui des peuples eux-mêmes. Le cas des OGM étant sans doute le plus frappant.
Mais une volonté populaire forte, déterminée et massive demeure capable de faire sauter les verrous et d'inverser ponctuellement le rapport de forces. Le suffrage universel, à partir du moment où il n'est pas truqué, garantit au peuple un levier lui permettant d'influer sur le cours de l'Histoire.
Cela demeure possible dans le mesure où les Etats disposent du monopole de la force. Leurs décisions s'imposent aux multinationales, quelle que soit la puissance financière de ces dernières. Jusqu'à aujourd'hui les grandes firmes ont défendu leurs intérêts en influençant les gouvernements, mais que se passerait-il si elles se mettaient à disposer elles-mêmes de leurs propres forces armées ? Si des armées privées, offraient leurs services au plus offrant, à échelle mondiale ? Pire, si les Etats se mettaient à sous-traiter la guerre et le maintient de l'ordre ? Si ceux-ci se mettaient à privatiser l'emploi de la violence comme ils ont privatisé les services publics, perdant ainsi progressivement le contrôle sur la sphère militaire ? Voilà un scénario de science-fiction qui permet de tracer des équations sombres et nombreuses.
Et c'est malheureusement le chemin qui est actuellement pris aux Etats-Unis, notamment au cours de la guerre en Irak. Regardez cet extrait d'un documentaire intitulé "Guerre et paix", diffusé sur Arte.
Reproduction d'un article paru dans le gratuit 20" aujourd'hui
Le ver est dans le fruit. Il existerait un risque sur deux de manger un légume pollué. Les pesticides contamineraient 49,5% des fruits, légumes et céréales produits en Europe en 2006, selon l'ONG Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), qui s'est procuré un rapport communautaire, à paraître dans une semaine.
Des chiffres inquiétants qui représentent "le plus haut niveau de contamination jamais enregistré" dans l'Union européenne, avec surtout "une augmentation de 20% ces cinq dernières années", selon l'ONG. Vingt-trois pesticides ont été détéctés à des niveaux pouvant entraîner un risque sanitaire. Cinq d'entre eux, les plus fréquemment mesurés, sont "cancérogènes, mutagènes et toxiques".
La situation est loin de s'améliorer, après la décision par Bruxelles en septembre de relever les plafonds autorisés de résidus de pesticides dans les aliments. Selon François Veillerette, président du MDRGF, pour les agrumes, la molécule considérée comme un cancérogène probable, serait "tolérée à des taux 40 fois supérieurs" à l'ancienne valeur. Par de quoi rassurer, alors que le Plan national nutrition-santé conseille de consommer cinq fruits et légumes par jour. Bastien Bonnefous.