mercredi 21 avril 2010

Rouages de l'impérialisme Etasunien

Non, ce n'est ni affabuler ni verser dans la théorie du complot. Les Etats-Unis sont le centre d'un Empire maintenu par la force, force économique et militaire. Ce n'est pas un complot, c'est un système. Noam Chomsky, Howard Zinn et tous les gens de cette mouvance ne cessent de décrire cette réalité, aucun intellectuel n'apporte autant de faits concrets et authentifiés que ceux-là.

Issu d'une autre sphère, John Perkins dépeint un monde qui concorde parfaitement avec celui que décrit Chomsky. Perkins a exercé pendant des années le métier d'assassin économique (EHM : Economic Hit Man). Quatre fois en vingt ans il a entamé la rédaction d'un livre qui raconterait sa vie. A chaque fois menaces et pots de vin l'ont fait reculer. Mais la cinquième fois, il l'a fait. Les éditeurs liés à des multinationales ont refusé la publication. Une maison d'édition indépendante a accepté.

Au tout début de cet ouvrage, John Perkins expose comment Claudine, sa formatrice, lui décrit son travail.
Encourager les dirigeants de divers pays à s'intégrer à un vaste réseau promouvant les intérêts commerciaux des Etats-Unis. Au bout du compte, poursuivit-elle, ses dirigeants se retrouvent criblés de dettes, ce qui assure leur loyauté. Nous pouvons alors faire appel à eux n'importe quand pour nos besoins politiques, économiques ou militaires. De leur côté ils consolident leur position politique en créant pour leur peuple des zones industrielles, des centrales électriques et des aéroports. Les propriétaires des compagnies américaines d'ingénierie et de construction s'enrichissent ainsi fabuleusement.
Rien de plus éloquent, après avoir lu cet extrait, que de parcourir la retranscription de cette interview donnée par Nicolas Sarkozy à la chaine étasunienne CBS. Difficile d'aller plus loin dans l'allégeance, de se positionner davantage en vassal.

mardi 20 avril 2010

Alerte à Babylone

Dans cet extrait du documentaire "Alerte à Babylone", découvrez Claude Bourguignon, ingénieur agronome, ancien de l 'INRA ( Institut National de la Recherche Agronomique).



Un autre extrait du même film. C'était il y a cinq ans.


samedi 17 avril 2010

DOC >>> Nos amis de la banque

De prime abord, on pourrait croire que ce film est une copie de l'avant dernier ("Le pouvoir FMI") que je vous proposais dans cette série, à la nuance près que l'on pénètre les arcanes de la Banque Mondiale. Effectivement, il va s'agir de suivre des négociations. Nous ne quitterons pas les bureaux feutrés, nous n'entendrons aucun écho venant de la rue ou des campagnes. Nous assisterons aux négociations entre la Banque Mondiale et l'Ouganda au sujet d'éventuels prêts, de la privatisation d'une banque nationale, et de la dette. Nous retrouverons le FMI qui finit par entrer dans la danse, et nous verrons quelles dissensions peuvent exister entre ces deux organisations. Joseph Stiglitz, économiste et ancien directeur de la Banque mondiale devenu militant anti-néolibéralisme, explique d'ailleurs que cette dernière est un peu moins rigide, moins dogmatique dans son idéologie. Cela se ressent effectivement. S'il serait incongru d'imaginer autre cure que celle du néolibéralisme, on s'applique à arrondir les angles à la Banque Mondiale, là où la FMI trancherait, amputerait dans le vif. C'est une question de dosage, puisque la direction demeure identique : privatisation, continuité de la dette qui remplace le lien colonial, exportations taillés sur mesure pour les besoins d'un marché dessiné par les pays occidentaux en fonction de leurs intérêts, idéologie, racisme même, parfois, de façon furtive... Un excellent documentaire de Peter Chappell.
Fipa d’argent (France – 1998) Prix du Jury des Bibliothèques Cinéma du Réel (France – 1998). Prix Okommedia de la Meilleure réalisation journalistique (Allemagne – 1998).



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jeudi 15 avril 2010

Bienvenue dans le tiers-monde

Selon John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, l'ampleur des ajustements qui vont devoir être mis en œuvre dans les pays développés ayant un déficit élevé (c'est à dire tout le monde sauf peut-être l'Allemagne et le Canada) est si vaste qu'ils risquent de se traduire par un recul des allocations santé et retraite, une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts. Il affirme qu'il faut commencer à préparer les opinions publiques. Vous êtes prévenus.

Source : Reuters

mercredi 14 avril 2010

Le néolibéralisme en chiffres


Délire de gauchiste, paranaoïa anti-institutionnelle, utopie juvénile, dérapage militant, théories éthérées, communisme rampant, théorie du complot ?

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme le pense Luc Ferry ? Le pragmatisme est aux commandes, et tant pis si la nature humaine est par essence facteur d'injustice ? On ne peut rien changer ? Vraiment ?

Lisez cet article écrit par Eric Toussaint (un dangereux illuminé)




La suite

Braquage légal

Dans une étude, adressée aux gouverneurs des banques centrales, la Banque des règlements internationaux (BRI) montre que les Etats développés ne pourront jamais rembourser leurs dettes.

Celle-ci devrait atteindre 100 % en 2011 pour des pays comme les Etats-Unis et la France, puis s’accumuler brutalement pour atteindre rapidement un niveau d’insolvabilité certain (plus de 400 % vers 2040 si aucun paramètre ne change).

La BRI souligne que lorsque les créanciers exigeront d’être payés, ils placeront les Etats en faillite. Seuls les pays qui auront allongé la durée de la vie active pourront espérer amortir l’inévitable choc.

La Grèce ouvre le chemin.

Si l'Europe doit subit un tel choc économique, nul doute que ce sera l'occasion de sortir de chez soi, rencontrer les nouveaux pauvres, et développer l'autogestion.

Source : Réseau Voltaire.

vendredi 9 avril 2010

DOC >>> Quand le FMI fabrique la misère

Évidemment, après avoir suivi à la trace les pérégrinations de Michel Camdessus, il fallait passer de l'autre côté du miroir, c'est à dire du côté des gens, des populations. C'est ce que nous allons faire avec ce doc, qui prend l'exemple du Ghana, successivement élève modèle du FMI, puis pays ruiné. Un exemple que l'on peut généraliser.



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lundi 5 avril 2010

La concurrence c'est l'entraide

Les subventions à l'agriculture des pays de l'OCDE dépassent le revenu de l'Afrique
Peter Harrold, directeur régional de la Banque Mondiale (Ghana), 2001

L'innovation n'a pas bonne presse

Je vous transmet un commentaire laissé sur l'excellent site smartshare, en réaction à l'indignation de quelques redresseurs de conscience inquiets pour les (leurs?) droits d'auteur, et probablement un peu victimes d'une propagande de l'industrie du divertissement.

Tous les documentaires qui sont proposés ici sont passé à la TV. Chacun a eu le droit de les enregistrer. Nous ne faisons que partager cela : c'est à peu près le même délit que prêter une cassette VHS d'un truc que l'on a enregistré soi-même.

Maintenant c'est à plus grande échelle parce que c'est multilatéral, c'est vrai. Mais il faut remarquer que :

1/ Ce partage n'occasionne aucune baisse des ventes de DVD (comme le prouvent les ventes de films de fiction piratés depuis des années)

2/ En revanche il donne libre accès à l'information, ce qui pourrait constituer honnêtement la base d'une législation différente.

3/ Un majorité de français copie illégalement des œuvres audiovisuelles : cela a-t-il un sens de criminaliser toute la population ? Est-ce que ce ne sont pas la loi et le modèle économique qui sont en retard dans ce cas-là ?

4/ Justement, il y a de nombreuses pistes alternatives, viables et intéressantes pour un nouveau modèle de production et de distribution. Cf La quadrature du net et tous les travaux innovants mais ignorés dans cette sphère.

Le problème ce sont les distributeurs qui craignent de perdre leurs marchés : les auteurs/producteurs peuvent grâce au net distribuer eux-mêmes et sans frais. Un intermédiaire est devenu inutile par la dématérialisation des supports. Ils se battent pour conserver leurs marchés. Ne nous trompons pas de combat. Des solutions comme la licence globale sont à creuser. Il y aurait là une source de financement pour les auteurs. On peut imaginer d'autres mécanismes, plus justes pour le monde du doc, plus rémunérateurs pour les auteurs (on vit mal du doc de nos jours, il faut souvent piger à côté), plus stimulants pour la création.

Est-ce vraiment une réflexion pour nos élites politiques ? Non, évidemment, c'est un alibi. Ce qu'ils défendent, ce sont les revenus des majors.

L'innovation, la vraie, frappe à la porte, mais elle n'a pas bonne presse dans les allées du pouvoir.

Répartition

  • Entre 2004 et 2007 les nombre de revenus supérieurs à 100 000 euros par mois a augmenté de 27%, au delà de 500 000 euros l'augmentation est de 70%
  • 1% des salariés les mieux payés (> 217 000 €) ont vu leur revenu augmenter de 5,8% entre 2002 et 2007, contre 2,3% pour la moyenne des salariés
  • 8 millions de français, soit 13,4% de la population, parmi lesquels 1,9 millions de travailleurs, vivent avec moins de 908 euros par mois (pour un ménage)
  • 1% de la population perçoit : 5,5% du total des salaires, 32% du total des revenus immobiliers, et 48% du total des gains boursiers
  • Le niveau de vie des familles immigrées est trois fois inférieur à celui du reste de la population.

Source : INSEE, chiffres de 2007, avant la crise

samedi 3 avril 2010

Le Sud finance le Nord

  • Si l'on compare les flux d'argent qui vont du Nord vers le Sud et du Sud vers le Nord, on constate que les pays pauvres donnent chaque année 200 milliards de dollars aux pays du Nord.
  • L'Afrique noire paie 25 000 dollars chaque minute à ses créanciers du Nord.
  • Les subventions à l'agriculture des pays de l'OCDE dépassent le revenu de l'Afrique [1]
  • L'occident qui représente 20% de la population mondiale consomme 86% des richesses naturelles.
  • Le ratio du revenu moyen du cinquième de la population des pays les plus riches à celui du cinquième de la population des pays les plus pauvres est passé de 30/1 en 1960 à 74/1 en 1995.
  • Entre 1998 et 2005 les revenus déclarés par le millième supérieur des contribuables français a augmenté de 42,6% et celui du centième de 32%. Le taux net d'imposition du millième supérieur est passé de 32 à 25%. Dans le mê^me temps le revenu moyen a augmenté de 5,9%. Source.

Sources : Susan George, Serge Latouche et John Perkins.

[1] Peter Harrold, directeur régional de la Banque Mondiale (Ghana), 2001

DOC >>> Le pouvoir FMI

Laissant dériver notre regard de l'autogestion à l'actuel pouvoir néolibéral, nous étudiions la semaine dernière une possible définition de l'entreprise capitaliste. Parmi les forces qui maintiennent consciemment l'hégémonie de ces corporations sur le monde contemporain, on trouve le FMI, créé en 1944 dans l'objectif d'assurer la stabilité macroéconomique. Pendant les années 80, l'institution change de fonction et devient une sorte de prêteur à bas taux. L'institution, dominée par les pays occidentaux (60% des droits de vote), accorde ses prêts sous conditions. Officiellement il s'agit de réformer les économies pour les assainir. C'est ce que l'on appelle "l'ajustement structurel". Dans les faits, la politique prônée par le FMI est toujours la même quels que soient les circonstances : réduction du périmètre d'intervention de l'Etat, privatisation des services publics, suppression des barrières douanières, démantèlement des législations nuisibles à la rentabilité du capital (règles sociales et environnementales)... Aucun pays n'a jamais progressé suite à ces politiques, et les meilleurs élèves se sont même complètement écroulés, comme l'Argentine ou le Ghana.

Ce documentaire ne montre rien de tout cela. L'équipe a été autorisée à suivre Michel Camdessus en 1999 dans ses négociations avec le Nigéria, le Honduras, Le Nicaragua et la Russie. Cela a été possible suite à une volonté du FMI d'améliorer son image désastreuse auprès du public, de s'ouvrir, et de communiquer. Le film donne à voir les négociations, il donne à voir ce que le FMI veut montrer. C'est quasiment un film de propagande, mais il est très intéressant parce qu'il montre l'état des rapports de forces, la nature des relations entre les individus du FMI et des gouvernements, le ton des discussions. La réalité de ce qui se trame hors caméra filtre deux fois. A 1h15', le premier ministre russe avoue en interview que pour obtenir le prêt, la Russie va devoir faire voter de nombreuses lois et règlements. A 1h19' Michel Camdessus évoque les lois à voter, et l'obligation d'utiliser l'argent du FMI selon ses propres recommandations. On n'en saura pas davantage, le sujet n'est pas traité.

Ce film est rare : je ne l'ai pas retrouvé sur internet. Vous allez donc voir la copie d'une VHS datant de 1999. La qualité s'en ressent. C'est un film de Pascal Vasselin.



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lundi 29 mars 2010

Let's Make Money + John Perkins

J'ai vu ce soir le documentaire "Let's Make Money" qui parcourt le monde afin d'expliquer une partie des rouages de l'immense machine néolibérale. Cinq passages ont retenu particulièrement mon attention pour la qualité des informations, je vous les livre donc ici.

Le deuxième extrait consiste essentiellement en l'interview de John Perkins, un "tueur économique" repenti, qui passe désormais son temps à expliquer publiquement en quoi a consisté son métier pendant des décennies. Pour approfondir cette question très riche en révélations, j'ajoute un documentaire de 26' consacré exclusivement à cet homme (en deux parties). John Perkins a également écrit deux livres.

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samedi 27 mars 2010

DOC >>> The Corporation

Après avoir étudié l'autogestion dans les entreprises et leur contraire, le totalitarisme néolibéral à l'assaut des richesses d'une nation, allons un peu plus loin dans cette seconde partie. Le film que je vous présente cette semaine est une perle. Il est long, 2h24, mais il est réalisé avec finesse, intelligence et créativité. On ne n'ennuie pas une seconde. La première partie dure 40 minutes et part du constat que l'on considère en droit une entreprise comme un individu. De fait, les lois gratifient les "personnes morales" des mêmes droits que les personnes physiques. Très bien, dis le film. Dressons-donc le profile psychologique des entreprises, comme on le ferait pour un individu. Faisons l'inventaire de ses comportements normaux et habituels (admis par la loi et les règles capitalistes) et voyons quel est son profil. Petit à petit, point par point, l'individu se dessine : il s'agit d'un psychopathe. La suite du film n'en est que plus intéressante. Un film de Mark Achbar et Jennifer Abbott.



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mercredi 24 mars 2010

Real-politique

Dans les documents à vocation internes, les élites s'expriment plus librement que face aux populations. Le Cahier de politique économique de l'OCDE est un bon bréviaire pour les néolibéraux. Apprenez à travers ces quelques extraits du choisis par la CNT-F (dans le n°13 publié en 1996) à quelle sauce on aime vous croquer...

Je vous encourage également à lire cet article de Bernard Conte, qui illustre comment cette politique, après avoir ravagé les pays pauvres, s'apprête à investir l'Europe. La Grèce constitue à cet égard un test, un premier coup. L'article s'appuie sur des extraits du même rapport.

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