vendredi 14 août 2009

Bien sûr, si vous parlez de démocratie aux africains, ils vous répondront tous qu'ils l'appellent de leurs vœux. Tout le monde veut la justice et la liberté. Mais en grattant un peu, il me semble que les choses ne sont pas aussi simples. Nombre d'africains expliquent que la démocratie ne leur convient pas du tout, et cela pour plusieurs raisons.
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Ce billet, écrit à 10:58 par uscan dans la catégorie Voyage a suscité :
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jeudi 29 janvier 2009
Je n'ai rien à dire sur l'Afrique, je ne peux pas écrire sur l'Afrique, car je ne connais rien de l'Afrique. Plus le temps se déroule, plus les jours se succèdent, plus je prends l'habitude, plus je vis comme ici, plus je vois la distance, plus je suis étranger. Ce n'est pas saisissable, ce n'est pas explicable.
Ce qui est étonnant c'est que l'on puisse se toucher sans se traverser. Que l'on puisse se voir, se sentir et s'entendre, il est là le miracle ! Que nos corps nous rassemblent, qu'ils nous forcent à nous voir, qu'il nous placent face à face, là voilà l'aventure !
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Le rebord d'un pavé abimé, le reflet de la Seine sur le mur d'un café, le bourdonnement tranquille et propret des marchés, les vapeurs grossières de l'alcool raffiné, les allées pompeuses du Bois de Boulogne, l'odeur du travail avant même le lever du jour, le cycle des trains qui entrent et sortent, l'électricité malsaine, les hommes avalés par leurs machines, la saleté goudronnante et le pas solitaire, et surtout la pierre froide, qui à elle seule, peut tout raconter du monde de là-bas ; Paris, tu ne peux rien me cacher, tu ne peux pas me mentir, je ne peux pas te tromper. Mais Paris, je t'en prie, puisqu'à toi je suis lié jusqu'au lit, Paris, sois audacieuse, Paris, ouvre-toi ! Laisse-toi déborder, laisse nous te noyer ; mille bars par quartier, mille rues où passer où parler s'arrêter, mille jeux à trouver entre vieux entre gueux, mille lieux où brailler où aller débraillé. Permet nous de te fabriquer, Paris, laisse-nous nous faire mal, laisse nous gaspiller et le temps et l'argent, laisse nous nous tromper, laisse nous inventer. Tu as tout interdit, tu as tout classifié, tout est réglementé tout est sécurisé. Tu as tout mesuré tu as tout calibré, tout bien organisé tout bien optimisé. Tu es laide, Paris, tu es vieille et liftée, le teint pâle et les yeux boursouflés, trop de rouge sur tes joues, trop de mascarades, plus de jeux dangereux, plus de fête improvisée... même tes rebelles, biberonnés de télé, font pitié.
Ici, en Afrique, l'argent est partout : dans chaque rencontre, dans chaque échange, dans chaque intention. Pas seulement envers moi mais aussi entre les gens d'ici. C'est le manque, crois-t-on, c'est la pauvreté et la nécessité. Tiens donc... Mais Paris, répond-moi, par quel lien a-t-on pu ainsi te soumettre ?
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mercredi 7 janvier 2009
Lorsque je vais aux toilettes en Afrique ça pue. Les mouches volent et les blattes courent autour du trou. Je m'essuie les fesses avec la main, et la merde que l'eau d'une bouilloire décroche de mes doigts laisse parfois une odeur piquante sur ma main gauche. Si mon hôte est un peu riche, il y a un savon et je me lave les mains.
En Europe quand je rentre dans les toilettes il n'y a généralement aucune odeur. Parfois, un aérosol chimique a été répandu et une mauvaise fragrance de lavande piquante recouvre la puanteur des coliques et des intestins bouchés. Pour ne pas toucher la merde que mon corps a jeté, je jette des mètres de papier dans l'eau ; et lorsque la chasse, devançant tous mes sens, a pulvérisé l'objet du délit, je lave mes mains qui n'ont rien touché. Dans les toilettes de TV5, un parano a même installé un liquide bactéricide pour les mains. Je ressors propre et fier, car je n'ai pas corrompu mon corps dans la saleté, j'ai chié comme si de rien n'était, comme si la merde n'existait pas, comme si le monde était parfait. Mais dans le sillage de mes mains parfumées, entre mes deux jambes dont la moquette moelleuse feutre le pas, enchevêtrés dans les poils qui masquent l'orée du gouffre, s'entortillent des aplats de merde fraîche destinés à sécher in situ et dont personne ne se préoccupe, parce que rien ni personne ne sent ni ne voit l'infamie. De l'hygiène et de l'hypocrisie, qui est le fils, qui est le père ?
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Je suis passé tout à côté de ton pays.
J'ai frôlé ses frontières et j'ai croisé les gens qui sont tes voisins. J'ai regardé la route qui file tout droit vers ton village ; celle qui, tangente, vient caresser la porte de ta maison. J'ai touché du pied cette langue tendue jusque sous tes pas. Je me suis tenu là. En regard, en pensée, en conscience ; j'ai deviné ta présence, j'ai salué ta famille, je me suis assis chez toi, un instant. Puis avec lenteur j'ai tourné la tête dans l'autre sens, et j'ai repris la route.
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vendredi 28 novembre 2008
Par la grâce de Dieu je me retrouve sans téléphone portable depuis maintenant dix jours. Volontairement ou non, je n'ai pas cherché à remplacer rapidement mon appareil, je n'en ai toujours pas et il est plausible que je m'en passe jusqu'au Maroc.
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Ce billet, écrit à 19:28 par uscan dans la catégorie Voyage a suscité :
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jeudi 27 novembre 2008
Comme si l'on me prenait par la main pour me faire visiter mon monde avant de m'en extraire, je traverse ces jours-ci différents lieux au sein desquels je n'ai rien à faire. Me voilà ainsi attablé à la cafétéria d'un hôpital, en face de l'entrée principale, au croisement de trois couloirs.
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Ce billet, écrit à 21:11 par uscan dans la catégorie Voyage a suscité :
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lundi 24 novembre 2008
Un sage a dit qu'il fallait être « dans le monde » sans être « du monde ». Que c'était un exercice de détachement, une manière de changer son regard.
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Ce billet, écrit à 21:25 par uscan dans la catégorie Voyage a suscité :
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dimanche 12 octobre 2008
Quelle révolution, quel système, quelle politique a jamais engendré un ordre nouveau pour l'homme, un monde équilibré, une société juste ? La douleur du monde se moque des organisations, des règles et des conventions. Inutile, le grand soir ; meurtrière, la révolution ; mensongers, les espoirs et les lendemains. Il n'y a rien à faire. Tout est vain dans cette perspective. Mais on peut voir une chose. Je vous propose un angle de vue. La grande souffrance de l'humanité n'est pas autre chose que la souffrance intime de chacun des hommes. Chacun porte en lui un morceau du fardeau, qui se transmet de génération en génération. Ainsi le temps de notre passage sur terre, nous avons chacun une petite parcelle de cette souffrance en héritage et en responsabilité. En responsabilité.
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mardi 22 avril 2008

Nous nous demandons encore si la clairvoyance et la télépathie, c'est à dire si la vision à distance et la transmission de pensées, sont des facultés humaines endormies. Nous nous interrogeons pour savoir si les animaux utilisent ce moyen pour communiquer. Mais ce que nous ne savons généralement pas, c'est que des recherches scientifiques officielles sont menées dans le monde occidental depuis un siècle, et qu'elles ont produit des résultats. Des extraits de quatre documents vidéos viendront appuyer le propos...
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Ce billet, écrit à 17:27 par uscan dans la catégorie Société a suscité :
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vendredi 11 avril 2008

Quelle est l'espérance de vie d'un "Grenelle de l'environnement" impulsé par une droite dure ? C'est une recherche fondamentale que d'audacieux chercheurs en sciences politiques ont lancé, grandeur nature, en France.
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Ce billet, écrit à 17:14 par uscan dans la catégorie Néolibéralisme a suscité :
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jeudi 20 mars 2008

Tout a commencé de façon anodine, le jour où une amie m'a invité à venir écouter des contes africains au "Jardin Solidaire". J'ignorais tout de ce lieu, et l'idée me séduisait par son originalité. Je n'avais rien à faire cet après-midi, le soleil inondait joyeusement Paris, où une odeur de printemps commençait à se répandre, si bien que l'idée de visiter un Jardin, tout autant que celle de traverser à pied le quartier, semblait tomber à point nommé...
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Ce billet, écrit à 01:39 par uscan dans la catégorie Textes originaux a suscité :
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mercredi 12 mars 2008

Emprisonner quelqu'un pour un crime qu'il
pourrait commettre. Ce projet de loi qui dans les faits brise le lien entre un fait accompli et une sanction, revient sur les fondements même du droit pénal issu de la révolution de 1789. Décryptage d'une situation où l'Etat de droit est malmené.
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Ce billet, écrit à 15:13 par uscan dans la catégorie Libertés a suscité :
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dimanche 2 mars 2008

Emprisonner quelqu'un pour un crime qu'il
pourrait commettre. Ce projet de loi qui dans les faits brise le lien entre un fait accompli et une sanction, revient sur les fondements même du droit pénal issu de la révolution de 1789. Rien ne garantit, bien au contraire, qu'une telle disposition ne s'élargisse pas par la suite à d'autres crimes que les crimes sexuels.
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Ce billet, écrit à 15:04 par uscan dans la catégorie Libertés a suscité :
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