L'enquête sur les attentats de Karachi est vraiment très ennuyeuse. Non seulement elle fait apparaitre l'implication de Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur dans une affaire de corruption internationale, mais elle ouvre une brèche dans la crédibilité litanique des attentats revendiqués par Al Qaïda.
L'imagination humaine est sans limite. Les militaires, qui n'échappent pas à cette prodigieuse inventivité, transmettent toujours leurs meilleurs trucs à la police, qui voit rapidement le bénéfice qu'elle pourrait obtenir en termes de renseignement ou de répression. C'est tout cet univers à cheval entre le professeur tournesol et le docteur folamour qui s'expose pour partie au salon milpol (salon mondial de la sécurité intérieure des états). Ce billet suivi se propose de tenir à jour une description des principaux jouets en cours de déploiement, pour votre... sécurité.
Dernières mises à jour : Le Idrone V3 / Les drones Predator et leurs morts bien réels / Nouvelles vidéos de l'étudiant américain tasé / Le robot sentinelle armé autonome de Samsung / Big Dog / PetMan et LS3 / Une vidéo du LRAD en action
Quasiment toutes les censures qui s'opèrent au sein de la presse des pays démocratiques sont des autocensures. Un système assez subtil garantit que le milieu des médias se conforme à des opinions acceptées par le monde des affaires et le monde politique, cela est merveilleusement bien expliqué par Noam Chomsky. Une fois cerné ce caractère "endogène", il me semble que l'on peut distinguer les grandes censures : ne pas du tout traiter un sujet, accorder très peu d'importance à certains faits pourtant cruciaux, rejeter a priori des faisceaux entiers d'opinions et d'hypothèses, sans aucune enquête, en contradiction flagrante avec les faits ; et les petites censures, je dirais les microcensures. Il s'agit de lisser des informations délivrées, de les expurger des grains de sable qui dépareillent, de gommer leur dissonance avec le reste de la "version officielle". C'est finalement un travail très important, et souvent inconscient de la part des journalistes qui l'opèrent, car il garantit la cohérence de l'ensemble. Voici, d'après moi, un bon exemple de microcensure... C'était la nuit dernière.
La presse dépeint Haïti comme un pays "maudit", incapable de se prendre en main, sur lequel le "sort" s'acharne. Le "sort", en l'espèce, a eu deux visages au cours des siècles derniers. La France puis les Etats-Unis.
Je pleure avec le peuple Haïtien pour autant de souffrances et de calamités qui lui tombent dessus. Par contre les larmes de ceux qui l’ont maintenu dans la dépendance et la pauvreté, me rendent malade.
Une ONG du Tamil Nadu a mis en place un stratagème ingénieux pour déstabiliser les fonctionnaires corrompus : un billet de zéro roupie, symbole d'une volonté d'éradiquer une pratique généralisée dont pâtissent les plus pauvres en Inde.
A en croire les articles de presse et les JT, les haïtiens seraient majoritairement violents et corrompus, responsables de leur propre "malédiction". Dire cela, c'est refuser de considérer l'incroyable poids de l'oppression dont est victime ce pays depuis des siècles. La puissance de cette coercition, à contrario, s'explique peut-être par la force de cette population. Après avoir été capable de chasser les colons français pour proclamer la première république noire indépendante de l'Histoire, elle a réussi à s'organiser, malgré les milices formées par la CIA, malgré la pauvreté, pour porter l'un des siens au pouvoir, le président Aristide. Que de désinformation à ce sujet. Une nouvelle fois, le peuple d'Haïti prouve sa capacité à s'auto-organiser. Voyez cet extrait d'une émission spéciale canadienne, globalement sans aucun intérêt, à l'exception de cette interview de deux journalistes qui ont eu le courage de se mélanger à la population, de vivre avec elle, de dormir à ses côtés. Le discours tranche avec ce que l'on entend généralement.
Selon UFC Que Choisir il n'y a aucune concurrence dans la téléphonie mobile. Les frais de déploiement du réseau sont amortis depuis longtemps. Mais les prix n'ont pas baissé, à la place, les trois opérateurs se sont entendus pour maintenir des prix élevés (et il est fort probable que cela continue aujourd'hui malgré leur condamnation par la justice). Voyez cet extrait d'Envoyé Spécial.
Dans le même reportage : l'augmentation des litiges a tellement augmenté dans le domaine de l'abonnement à internet que les tribunaux (comme celui de Lyon) ont créé des "conciliateurs" spécialement chargés de résoudre auprès des opérateurs les problèmes des clients. Un simple coup de fil débloque généralement une situation que l'abonné ne peut pas résoudre seul car on ne l'écoute pas. Ou comment dépenser de l'argent public pour défendre les citoyens face à la mauvaise foi et à la bureaucratie inextricable de certaines entreprises privés.
Graduellement, petit à petit, les gens se sont habitués à être gouvernés par la surprise, et à subir des décisions qui furent le fruit de délibérations secrètes ; à croire que la situation était si complexe, que le gouvernement se devait d’agir, devant des informations que la population ne pouvaient comprendre, ou si dangereuse que même si les gens de la rue pouvaient comprendre, ils ne pourraient pas en discuter par cause de sécurité nationale... ils étaient gardés à l’écart des évènements, incapables de se rendre compte de la réalité, à moins de posséder un sens aigu de la politique, ce qui n’était ni souhaité, ni facilité. – Essayez de me croire --
Chaque pas était si petit, si insignifiant, si bien expliqué ou, à l’occasion regretté... -- Croyez-moi, ceci est vrai.-- chaque action, chaque occasion pire que la précédente, mais à peine pire que la précédente. Et vous regardez se produire la suivante, et la suivante. Vous attendez celle qui choquera l’opinion publique, en espérant secrètement que devant de tels évènements les autres vous rejoindront et résisteront d’une façon ou d’une autre...soudainement, tout s’effondre, tout à la fois... vous vous rappelez tout et votre coeur se brise. Trop tard. Vous êtes compromis au-delà de tout retour.
Un professeur allemand décrivant l’arrivée du Nazisme en Europe au journaliste Milton Mayer.
Selon Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et prix Nobel d'économie, le coût (optimiste selon lui, fourchette basse) de la guerre en Irak (1000 milliards de dollars) représente ce que le monde dépense en aide au développement en plus de 25 ans.
Cette guerre a déjà tué entre 30 000 et 100 000 irakiens, ainsi que 2 500 soldats américains, et elle en a blessé 20 000.
Il rappelle que ce sont les industries de l'armement et du pétrole qui sont les grandes gagnantes de cette opération.