samedi 25 octobre 2008

Il faut inventer quelquechose de nouveau

Le site contreinfo.com, qui publie régulièrement de très bons articles, sort aujourd'hui une interview de Michel Rocard sur les racines profondes de la crise actuelle. Je vous en conseille la lecture...

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jeudi 23 octobre 2008

« Chaque homme est une race, monsieur le policier »

Poursuivi pour «outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique» Patrick Mohr, metteur en scène, et animateur de la compagnie du théâtre Spirale, devait comparaître le 13 octobre au tribunal correctionnel d'Avignon. Il dénonce, au contraire, les violences et l'agression qu'il a subies de la part des policiers, en plein festival d'Avigon. Son avocat, Me William Bourdon, annonce de son côté une plainte qui « établira la responsabilité des fonctionnaires dans cette bavure ».

Lu sur contreinfo.com
Voir aussi cet article sur Rue89 : l' "outrage" est en pleine forme

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mercredi 22 octobre 2008

Sans casque ni bouclier

Ce témoignage a été tourné à la suite d’une rencontre. Lors d’une de ces conférences sur la politique sécuritaire et ses dérives. Vers la fin, un homme s’est levé. Il a déclaré qu’il venait de quitter la police, que la plupart des dérives que l’on venait d’évoquer n’était pas le fruit du hasard mais bien le résultat d’une politique élaborée au plus au niveau et transmise, ensuite, de manière pyramidale à travers la hiérarchie policière. Il avait réussi à s’en sortir, au prix d’un changement de carrière complet, là où la plupart de ses collègues avait fini par plier l’échine ou par « craquer ». Des mois, des années de lutte, pour ne pas se faire broyer administrativement et humainement par un système d’autant plus puissant qu’il a quasiment éliminé toutes formes de contestation en son sein. Le site : regarde à vue


La tolérance zéro stimule la délinquance d'Etat

A l'heure où la fronde grossit à l'encontre de Rachida Dati et de la politique du tout répressif il convient de rappeler quelques réalités

30% des détenus sont en fait des prévenus, présumés innocents. Effectivement, 60% de ces derniers sont innocentés.

De tels séjours en prison donnent régulièrement droit à des drames, tellement les conditions de détention sont épouvantables (les pires de l'Europe selon l'ONU). Innocents violés, blessés, violentés... suicides en série, notamment chez les mineurs.

On ne s'émeut pas de ces victimes-là, qui ne valent pourtant par moins que celles dont les agresseurs sont en prison, à juste titre, eux. Les indemnisations sont ridiculement basses, mais il faut dire que leur montant est décidé par le coupable lui-même...

Pourtant, la majorité des prévenus pourraient sans risque être placés sous contrôle judiciaire, ou sous bracelet électronique

C'est même ce que prévoit la loi, qui précise que le placement en détention d'un citoyen présumé innocent ne peut être effectué qu'à titre exceptionnel. Cet exceptionnel est pourtant devenu la règle. Jusqu'à l'extrême ces dernières années. Alors même que le taux d'occupation des prisons françaises dépasse en moyenne les 120%, les détentions injustifiées ont augmentées de 77% entre 2004 et 2007.

Ainsi si l'on comptait 491 demandes de réparation en 2004, on en dénombre 645 en 2007. 645 personnes, pour l'immense majorité d'entre-eux, traumatisées à vie et pourtant innocentes.

Où l'on voit que la "tolérance zéro" envers les délinquants accroit considérablement le nombre de cas où l'Etat lui-même agit en délinquant. Est-ce un paradoxe ?


L'amiante, un cas d'école

Pourquoi s'inquiéter des dangers du téléphone portable, des poisons dans l'alimentation (pesticides, herbicides, conservateurs, goûts synthétiques ; par ailleurs neurotoxiques ou cancérigènes), du chrome qui fait briller les bottes à la mode, des produits dangereux dans les peintures, les plastiques, les cosmétiques, les produits d'entretiens ménagers... ?

Oui, pourquoi, puisque quoiqu'il arrive, ceux qui profitent (en connaissance de cause) des bénéfices que ce genre de petit commerce ne sont pas inquiétés, pas sérieusement en tout cas

Le Canard Enchaîné, nous apprend ainsi que le directeur de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, le colonel Thierry Bourret, recommande, dans un courriel daté du 11 avril dernier, à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui instruit un dossier de 20 plaintes relatives à l'amiante, de renoncer aux perquisitions et d'abandonner un traitement de la question sur le plan pénal. Cela permettrait selon lui d'alléger la charge de travail des collègues. Voilà une proposition qui tombe bien, car la juge est confrontée à un cruel manque de moyens pour accomplir sa tâche.

Toujours selon le colonel Thierry Bourret, les dizaines de milliers de décès passés et à venir sont à mettre sur le compte de l'ignorance des méfaits de l'amiante... La même ignorance qui prévaut aujourd'hui sur d'autres questions.

Jean-François Julliard rappelle cependant dans son article que les dangers mortels de l'amiante sont connus en France depuis 1906 ; que ses victimes sont indemnisées par la sécu depuis 1946 ; que de nombreux médecins du travail cachaient à leurs patients le développement de calcifications et de plaques pleurales ; que les industriels s'étaient organisés en lobby pour promouvoir l'amiante "inoffensive" et retarder le plus possible l'établissement d'une réglementation ; qu'il a fallu attendre 1997 pour qu'une interdiction entre en vigueur ; et 2005 pour que s'ouvrent les premières enquêtes judiciaires... L'histoire s'arrêtera peut-être à ce stade, puisque les pouvoirs publics semblent rechercher la clémence sur ce dossier. Voilà une tolérance qui tranche avec les peines planchers, rétentions de sûreté, loi de prévention de la délinquance et autres mesures répressives à destination du menu fretin.


lundi 20 octobre 2008

Le GSM est cancérigène

Les premiers résultats de la plus grande enquête épidémiologique jamais menée à ce jour confirment qu'à long terme, le portable nuit à la santé. Des résultats inquiétants qui doivent encore être confirmés. Le risque cancérigène serait « significativement accru » pour ceux qui utilisent un GSM depuis plus de dix ans.

Voir cet article paru dans le quotidien belge Le Soir


Ceci n'est pas une crise

Lisez cet article magnifiquement écrit par Agnès Maillard sur son blog le monolecte.

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jeudi 16 octobre 2008

Il n'y a pas de problème énergétique

C'est un faux problème. On sait très bien faire autrement et se passer des énergies fossiles. Sans entrer dans le détail des solutions envisageables qui sont nombreuses, en voilà une toute simple, facile à mettre en œuvre... mais coûteuse.

Couteuse ? Pas si sur, si l'on veut bien prendre en compte les dépenses futures directes et indirectes évitées.

Couteuse ? Je ne saurai pas donner un chiffre, mais il est peu probable que l'on atteigne les 3000 milliards de dollars de la guerre en Irak, par exemple.

Et le comparatif n'est pas si insensé, si l'on considère qu'il est extrêmement probable, dans le contexte de pic oil actuel, que la première motivation de cette guerre soit le contrôle des gigantesques réserves pétrolières du pays. Une question de politique énergétique, donc. Au moins en partie.

Sans le lobbies des industries d'armement, on aurait pu imaginer investir ces sommes dans un réseau de panneaux solaires. Les déserts américains représentent des lieux tout indiqués, par exemple...


Voir aussi ce billet (une autre vidéo plus ancienne, exactement sur le même sujet)


Les fruits et les légumes bourrés de pesticides

Reproduction d'un article paru dans le gratuit 20" aujourd'hui

Le ver est dans le fruit. Il existerait un risque sur deux de manger un légume pollué. Les pesticides contamineraient 49,5% des fruits, légumes et céréales produits en Europe en 2006, selon l'ONG Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), qui s'est procuré un rapport communautaire, à paraître dans une semaine.
Des chiffres inquiétants qui représentent "le plus haut niveau de contamination jamais enregistré" dans l'Union européenne, avec surtout "une augmentation de 20% ces cinq dernières années", selon l'ONG. Vingt-trois pesticides ont été détéctés à des niveaux pouvant entraîner un risque sanitaire. Cinq d'entre eux, les plus fréquemment mesurés, sont "cancérogènes, mutagènes et toxiques".
La situation est loin de s'améliorer, après la décision par Bruxelles en septembre de relever les plafonds autorisés de résidus de pesticides dans les aliments. Selon François Veillerette, président du MDRGF, pour les agrumes, la molécule considérée comme un cancérogène probable, serait "tolérée à des taux 40 fois supérieurs" à l'ancienne valeur. Par de quoi rassurer, alors que le Plan national nutrition-santé conseille de consommer cinq fruits et légumes par jour. Bastien Bonnefous.


dimanche 12 octobre 2008

La souffrance du monde

Quelle révolution, quel système, quelle politique a jamais engendré un ordre nouveau pour l'homme, un monde équilibré, une société juste ? La douleur du monde se moque des organisations, des règles et des conventions. Inutile, le grand soir ; meurtrière, la révolution ; mensongers, les espoirs et les lendemains. Il n'y a rien à faire. Tout est vain dans cette perspective. Mais on peut voir une chose. Je vous propose un angle de vue. La grande souffrance de l'humanité n'est pas autre chose que la souffrance intime de chacun des hommes. Chacun porte en lui un morceau du fardeau, qui se transmet de génération en génération. Ainsi le temps de notre passage sur terre, nous avons chacun une petite parcelle de cette souffrance en héritage et en responsabilité. En responsabilité.

jeudi 9 octobre 2008

La crise


mardi 7 octobre 2008

Tombé dans la rue comme dans un escalier

Je suis persuadé que je vais m'en sortir. Et... moi je peux vous jurer que je suis en train de lire un livre... c'est un des chapitres de ma vie, et je suis en train de lire un livre que j'oublierais jamais

Source : latelelibre.fr


vendredi 3 octobre 2008

Rien à se reprocher

La videosurveillance partout, la carte bleue qui papote, la passe navigo qui vous trace, le téléphone portable qui vous localise et vous écoute ; où est le problème, de toute façon, si l'on a rien à se reprocher ?

Les jeunes grenoblois qui se sont rendus, le 20 septembre, au forum "un nouveau monde" organisé par Libération et la municipalité PS, n'avaient eux non plus, rien à se reprocher. Certes le petit groupe avait réussi depuis quelques années à imposer un débat à l'échelon local sur le danger des nanotechnologies, la videosurveillance généralisée, le "progrès" sans conscience... Est-ce interdit en démocratie ? Toujours est-il que les individus en question étaient tous fichés (comme de plus en plus de français) et que la police leur a interdit l'accès au forum. Le débat s'est déroulé sans problème et l'on n'a pas parlé des sujets qui fâchent...

Source : Le Canard Enchaîné


jeudi 2 octobre 2008

Ce qui se comprend bien s'énonce clairement (et vice-versa)


jeudi 31 juillet 2008

Entretiens avec Victor Hugo


Propos recueillis en 1852...

Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

Victor Hugo : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?

Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Et la liberté de la presse dans tout çà ?

Victor Hugo (pouffant de rire) : Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

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*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.
**Merci à François qui a su dénicher cet écho historique


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